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Le Carnet No. 2 du Comité LGBTQ2S+ et allié.es du SEOM

Avertissement

Les situations présentées dans cette chronique ne visent pas à pointer du doigt, mais à ouvrir des espaces de dialogue et de compréhension. Elles mettent en lumière des réalités vécues au quotidien par les personnes de la communauté LGBTQIA2S+ ainsi que par leurs allié.e.s, des préoccupations qu’elles portent et des commentaires auxquels elles sont encore trop souvent confrontées. En en parlant, nous choisissons l’écoute plutôt que le silence, la solidarité plutôt que l’indifférence. C’est ensemble, par la discussion et le respect, que nous pouvons faire avancer les choses.

Réponse à la question No. 1 de l’édition du 9 février 2026.

Cette remarque, je l’ai souvent entendue et, par moments, je la comprends. C’est vrai que, lorsqu’on observe tous ces changements et ces nouvelles sensibilités, on peut avoir le tournis. Avec tout ce que nous portons comme enseignants, cela peut devenir lourd. Les modes évoluent, les expressions filent, les sensibilités aussi. Je pense parfois aux blagues que mes parents et grands-parents se lançaient quand j’étais enfant, et qu’on n’oserait plus jamais répéter aujourd’hui.

Une chose est certaine : votre sens du devoir et du travail est admirable. Il est clair que vous faites une réelle différence dans la vie de vos élèves. Enseigner, c’est bien plus que transmettre des notions ; c’est aussi se soucier du savoir-faire et du savoir-être.

Les gens semblent aujourd’hui davantage conscientisés qu’avant. Certaines questions deviennent parfois clivantes, et les médias sociaux contribuent souvent à cette polarisation. Cela dit, regretter un passé idéalisé n’est pas une solution. Une chanson de Richard Séguin reprenant les vers de Bob Dylan me revient en tête : Les temps changent.

Personne n’a à avoir toutes les réponses, et tout le monde a le droit de prendre le temps de cheminer. Au fond, ce qui est demandé, c’est le respect. Il est facile de percevoir les demandes liées aux pronoms ou à la reconnaissance de l’identité de genre comme des caprices, mais est-ce à nous de décider comment l’autre doit se sentir ou s’identifier ? La langue française a toujours prise beaucoup de temps à évoluer, mais même dans ce cas-ci il est important de noter que le pronom iel à fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert en 2021.

Lorsque je vouvoie une personne aînée, j’utilise déjà un pronom différent pour lui témoigner mon respect. Employer il, elle ou iel, c’est un peu la même chose. Et ne vous en faites pas si vous vous trompez : avec le temps, l’habitude viendra. Le jeune ou le collègue qui choisit de s’affirmer en annonçant ses pronoms d’usage a déjà fait preuve d’un grand courage — ce n’est pas facile d’assumer sa différence. La moindre des choses est donc de faire preuve de respect.